Podcast les talents afropolitains : Youssouf de Maison Château Rouge

Lundi 8 mai : jour férié non chômé, je retrouve à la boutique Maison Château Rouge rue Myrha Youssouf Fofana, créateur avec son frère Mamadou de la marque qui dynamise la mode parisienne. Il inaugure une série de podcasts dédiés aux talents de la sphère afropolitaine et de la création afro-inspirée que j’espère vous proposer régulièrement.

Pourquoi Maison Château Rouge ? Parce que c’est une marque qui s’inscrit dans son époque, participe à une scène des tendances nourrie de l’ailleurs et parle à tous.

Conversation fashion, projet solidaire et parcours personnel. Action !

 

 

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Ton portrait afropolitain

Une capitale ?
Dakar.

Un pays ?
Le Sénégal.

Un plat ?
Le Yassa !

Un fruit ?
La mangue, c’est le meilleur fruit !

Un animal ?
C’est compliqué ça, je ne connais pas toutes les caractéristiques de chaque animal. Je dirais un oiseau, quel oiseau ? Un oiseau migrateur, haha.

Une personnalité ?
Thomas Sankara, sans me comparer à lui, mais c’est une personne que j’admire.

Wax ou Bogolan ?
Wax, car on l’utilise !

 

Les cinq invités de ton dîner presque parfait ?

C’est une bonne question… J’inviterai mon frère déjà avec qui je bosse sur le projet. Muhammad Yunus également, prix Nobel de la paix et fondateur de la première institution de microcrédit. Jean-Louis Borloo, pour lui demander ce qu’il a fait, car il avait un projet d’électrification de l’Afrique et depuis, on n’en a plus entendu parler… Ensuite, Lionel Zinsou (ancien premier ministre béninois) qui a fait beaucoup de choses en Afrique. Il a aussi travaillé avec François Hollande sur sa fondation AfricaFrance. Et pour finir, j’inviterai ma mère.

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Un obstacle à ton aventure entrepreneuriale ?

L’argent c’est un peu le nerf de la guerre lorsque l’on entreprend, forcément il faut pouvoir avancer beaucoup d’argent et avoir suffisamment de trésorerie pour produire, ensuite avoir  un fonds de roulement. Ce sont des choses que je ne comprenais pas au départ. Encore une fois, pour la majorité d’entre nous, on n’est pas forcément issus de famille aisée ou de milieu favorisé, on essaye de faire avec nos propres moyens, et ça prend plus de temps, parfois les gens ne comprennent pas. Par exemple, je me souviens au début je mettais du temps entre deux productions c’est parce qu’en fait je n’avais pas les moyens d’en faire une pour le site et une autre pour les boutique. Je me focalisais sur les boutiques qui demandaient de grande quantité et ensuite j’attendais pour produire pour le site internet. Je jonglais entre les deux. C’est certain que si j’avais eu plus de moyens, j’aurais fait encore plus. Mais finalement ça m’a permis d’apprendre et de garder les pieds sur terre. Je sais d’où je viens, j’analyse les choses une à une pour m’assurer de prendre les bonnes décisions. Ça me permet de ne pas oublier l’objectif de départ. C’est pour ça que l’on n’a pas fait de prêt par exemple. Tout est financé par nos fonds propres depuis le début.

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Une rencontre inspirante ?

La plus marquante c’est au début avec Medhi de la marque Sawa Shoes. On n’avait pas encore le local mais il connaissait la marque. C’est quelqu’un de très bon, il nous a beaucoup motivés et aidés. On a fait une première collaboration en produisant trois hauts coordonnés à trois paires de chaussures de sa marque made in Ethiopie. Depuis, un très fort lien d’amitié s’est noué. C’est une très belle rencontre qui nous a poussé à aller plus loin.

Un conseil pour ceux qui veulent entreprendre ?

Lorsque l’on entreprend, il y a une certaine part de folie, on se pose pas de question, on se lance. Il faut beaucoup s’écouter et faire confiance à son instinct. Beaucoup de gens vont nous décourager, il faut donc toujours se souvenir du moment où on se disait que notre projet était bon et allait marcher.  Il faut avancer avec cette pensée en tête, il y aura des périodes de doute, où on se remet en question, mais il faut repenser au moment où on était sûr de soi, rester authentique, se faire confiance. Je pense qu’on est capable de tout, lorsque l’on voit ce qui a été fait, pourquoi pas nous ? Tout le monde est capable. Pour moi, ça a été le déclic, j’allais à des conférences dans les grandes écoles alors que je n’en ai pas faites, j’écoutais les étudiants de l’ESSEC, l’ESCP ou d’HEC et je me disais : si eux ils peuvent, pourquoi pas moi ? On est tous constitués de la même manière. Ensuite, il faut avoir également une assurance à côté, réfléchir avant de quitter son travail. Aujourd’hui, on peut tester son idée, via internet, la faire évoluer en fonction des réactions, des réseaux sociaux, et une fois qu’on est sûr, y aller à fond !

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Retrouvez les créations Maison Château Rouge :

Dans sa boutique : 40 Rue Myrha, 75018 Paris
Sur le eshop : https://www.maison-chateaurouge.com/shop/
Aux Galeries Lafayette dans l’occasion d’Africa Now

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