Mon Afropunk Fest Brooklyn 2016

Depuis le temps que je souhaitais participer à ce festival de musique mais aussi (et surtout) du look, c’est dorénavant chose faite !

L’Afropunk Fest, qu’est-ce que c’est ?

Né en 2005 à Brooklyn sous l’impulsion de James Spooner et Matthew Morgan (respectivement réalisateur et producteur du documentaire Afro-Punk), le festival de musique Afropunk Fest avait originellement pour objectif de rassembler autour d’un week-end la communauté afro-américaine de culture punk, en parallèle du mouvement punk blanc moins inclusif. Depuis, l’événement propose une programmation artistique plus à l’image de la culture afro-américaine en générale en mêlant les univers punk rock mais aussi Soul, Hip Hop, Rap ou encore africains. L’audience s’est également élargie du fait de la popularité mondiale de ces sonorités, faisant ainsi de l’Afropunk Fest une des manifestions musicales les plus multiethniques des Etats-Unis. C’est donc sans surprise que d’autres villes à travers le monde ont emboîté le pas en accueillant l’événement. Dernières en date : Paris, Atlanta, Londres (et peut-être bientôt Oakland en Californie !).

Escapade donc ce dimanche du 27 août 2016 dans l’enclave brooklynoise du Commodore Barry Park qui s’imprègne de l’identité du festival depuis 2015. Le billet standard d’entrée vous en coûte 50 dollars environ, pour l’entrée VIP, il faut débourser dans les 200 dollars. On est bien loin des 600 dollars (minimum) de Coachella…

Dès la sortie du métro Jay st, ligne A, on sent qu’il se passe quelque chose. Les allures lookées habituelles de Brooklyn sont comme exacerbées, amplifiées dans leur extravagance, toutes ou presque amassées sur le quai puis dans la rue, arborées par ces corps tatoués et luisant sous les rayons ravageurs d’une fin d’été new yorkaise. Les couleurs chatoient autour de moi sous les mediums de wax, de dashiki et de coiffures toujours plus improbables ou entortillées. Ce sont là déjà les effluves musqués de l’Afropunk Fest. Malgré une arrivée un peu tardive, la file d’attente s’affiche toute en longueur, similaire à une matinée Balmain X H&M. Le soleil est pour le coup plutôt assassin, mais mon attention se déconcentre de la brûlure face au festival de tenues peu classiques que j’ai identifiées dans la queue, et à l’excitation de la musique qui perce les panneaux noirs qui séparent la rue du théâtre afropunkesque. J’entends même un Premier Gaou qui agite aussitôt la foule pourtant anglo-saxonne. Electrisant !

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L’intérieur du festival ensuite : un espace food truck typiquement américain réunissant le taco mexicain et la bouchée bio-made-in-farm, deux énormes scènes séparées par un couloir circulant, des stands comprenant tantôt des associations locales, tantôt des petites boutiques éphémères vendant entre autres des vêtements d’inspiration africaine (wax, bazin) et des produits de beauté bio.

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Au menu cette année une programmation éclectique : Ice Cube, Janelle Monae, Skunk Anansie, The Internet… (voir le lien ici pour la liste exhaustive).

Les deux scènes offrent à la fois un set de musiques afro inspirées, des artistes en live, du rock, du R&B, du Hip Hop. Dans la foule amassée sur la pelouse, les looks sont puissants et travaillés, à base de wax en veux-tu en voilà mais pas toujours, de la nudité aussi, du queer et du cuir, des pagnes, des foulards, des make-up looks arc-en-ciel ou grimant le fard traditionnel de certaines ethnies d’Afrique de l’Ouest.

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Ces références permanentes au continent mère m’ont amené à réfléchir sur cette union positive entre le public afro-américain et ses racines africaines dont il a été coupé par la force de l’histoire. J’y vois le théâtre rassurant de retrouvailles jubilatoires et imparables entre cette population et son origine, comme un enfant qui, après avoir été séparé de ces géniteurs, les avoir ensuite brimés, retrouve ces derniers dans un ultime élan de retour à soi. Une certaine vision de l’Afrique, et une des plus belles, est à l’honneur lors du festival, tant dans la diversité des habits, des matières portées que dans les histoires qui nous sont contées par tous ces anonymes. Une peinture de l’Afrique combinée à une urbanité typiquement brooklynoise, plus que newyorkaise, libre, artistique, esthétique, bavarde, exubérante, sans peur ni reproche. Mais pas que : normcore (comme moi, parfois) et looks lambda se sont succédés de même que toutes les ethnies et couleurs : Noir, Asiatiques, Blanc, Latinos…

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C’est aussi ça l’Afropunk Fest : un moment de partage avec tous autour des cultures punk rock mais aussi afro inspirées et tout cela dans le respect et la bonne humeur. D’ailleurs, l’encadrement massif des scènes le rappelle explicitement :

  • Pas de sexisme
  • Pas de racisme
  • Pas d’homophobie
  • Pas de transphobie
  • Pas de discrimination des handicapés
  • Pas de grossophobie
  • Pas de discrimination liée à l’âge
  • Pas de haine

Tout est dit.

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