Les stars américaines et les imprimés africains : bonne nouvelle ?

S’étendre sur le sujet des vêtements, accessoires, wax et chaussures peut paraître à certains léger, limite superficiel. Pourtant, l’actualité de tous les jours nous montre au contraire qu’il y a une réelle connivence entre la façon que les peuples ont de se vêtir et plus généralement la place de ces derniers au sein du monde. C’est un moyen d’expression puissant que l’on peut considérer comme une sorte de carte de visite économique, culturelle mais aussi politique, et comme la voie permettant un dialogue jusque-là interrompu.

Deux actualités m’ont donné envie de rédiger ce post entre mode et société.

La première, enthousiasmante, concerne les clichés récents de Beyoncé portant les créations d’une jeune styliste sénégalaise Selly Raby Kane. Surfant sur ce déferlement de tendances qui puisent directement dans le style africain, cette annonce est une nouvelle preuve que les créateurs du continent sont loin de laisser indifférent.

Beyonce selly raby kane

La deuxième actualité repose sur le post du blogger Joel Ryan, publié il y a déjà un mois et découvert par pur hasard sur Facebook. Cet article, tout en louant l’adoption par de plus en plus de stars américaines des tissus africains, dénonce en même temps l’absence d’interactions entre ces mêmes personnalités et l’Afrique et ses habitants, en y organisant leurs concerts, par exemple.

Ces deux histoires m’ont rappelé pourquoi j’ai au départ souhaité m’intéresser aux vêtements de style africain puis en faire la publicité et l’éloge par l’ouverture de ce site.

Depuis l’enfance, j’ai constamment été frappée par l’indifférence que beaucoup pouvaient éprouver pour le deuxième continent le plus peuplé du monde, du dédain à peine cacher que quelques-uns portaient à ces habitants, ignorés dans les récits de safaris, perçus comme incapables de la moindre œuvre, de la moindre grandeur, leur histoire émiettée et disséminée par les vents de l’oubli. Et pourtant, dans ma vie de tous les jours, j’entendais une multitude d’histoires de réussites africaines dans la bouche de mes parents et de leur entourage. De même, je ne compte plus mes rencontres avec des personnes talentueuses, débordantes de potentiel, qui ne laissaient aucun doute sur les dons et les capacités de ce continent, de ses résidents à sa diaspora. J’aime la mode et c’est à travers cette voix qu’il me fait plaisir de répandre la bonne nouvelle, soit la réalité de populations bouillonnant d’idées, relevant les pires défis et proposant foule d’innovations pour elles mais également pour l’ensemble de la planète. Face à un mythe tristement répandu, nourri de l’amalgame de visages, de cultures, de rythmes et de non-histoires, des femmes et des hommes de talent démolissent le mur, percent le plafond de verre, et comme beaucoup d’autres le font déjà, je suis très excitée à l’idée de participer, à ma petite échelle, à la communication ce « coming-out ».

Dans ce sens, découvrir dans la presse combien les imprimés africains conquièrent la scène mondial, assister à l’émergence de nouveaux designers, lire un nombre grandissant d’articles sur les créateurs et grands couturiers depuis longtemps installés, voilà qui est extrêmement positif et qui pousse à croire en un avenir de plus en plus radieux pour ce secteur et en une image rafraîchie, plus vraie de ce qu’il se passe sur le continent africain.

Pour ce qui est d’une rencontre tangible, comme souhaitée par l’article de Joel Ryan, concrétisée par des visites et une communion avec le public, je souhaite aussi de tels élans et que cette considération, notamment par les personnalités afro-américaines, compte tenu de leur histoire, aille plus loin, idéalement comme les retrouvailles à la fin du film « la Couleur pourpre ».

Que Beyoncé ou Michelle Obama renouent avec leur racines africaines, puis le reste de l’humanité dans leur sillage, je ne peux m’empêcher de trouver ça beau, tant que les créations sont justement considérées et non usurpées. C’est un premier pas qui en amènera d’autres avant que la course devienne, je l’espère, effrénée. Des voix dissonantes diront que tout cela n’est que du marketing, une vague sur laquelle surfent les monstres de communication derrière ces grandes personnalités. Que cela soit vrai ou non, les visages sortent de l’obscurité et retournent la situation en une communication mondiale de ce que l’Afrique propose de mieux dans son univers créatif.
Croisant chaque jour ou presque dans les rues new-yorkaises des anonymes avec un short en wax par-ci, une robe dashiki par-là, je veux plutôt croire qu’il y a de la sincérité derrière cet engouement, et surtout je ne veux pas m’en étonner, car après tout, n’est-elle pas belle et infiniment séduisante cette allure en imprimés africains ? Bien sûr, les enchaînements ne se font pas aussi vite qu’on le désire, les préjugés ont la vie dure, et moi aussi je l’attends le Formation tour à Kinshasa, Abidjan, Lagos ou Yaoundé.
Bien que le réalisme me pousse à considérer que, malheureusement, la marche du monde, quand elle se dirige vers la borne positive, a le rythme de celui de la tortue, je me souviens que, comme cette dernière, elle finira par le faire arriver à bon port.

Enfin, pour répondre à la question du titre : MILLE FOIS OUI !!!

Sur ces bons mots, quelques photos inspiration et, je l’espère, vos réactions !

One Reply to “Les stars américaines et les imprimés africains : bonne nouvelle ?”

Laisser un commentaire