Quid de la mode féminine africaine ?

Il me semblait difficile d’alimenter ce blog sans présenter dans un premier post la mode féminine  africaine. En effet, de quoi parle-t-on ?

Pour commencer, je pense qu’il n’y a pas une mais des modes africaines, rattachées à de nombreuses cultures et traditions, chacune mettant en avant les codes d’une société et racontant parfois l’histoire de tout un pays. En ce qui concerne la mode féminine, toutes se réunissent pourtant autour d’un objectif majeur : sublimer la femme et son élégance naturelle. En effet, avec ses volumes, ses motifs, ses couleurs affirmées, celle qui porte ces vêtements ne passe pas inaperçu. Au contraire, c’est une femme qui assume son corps, en le dévoilant ou en le dissimulant d’une façon qui le laisse être deviné, qui a pleine confiance en sa féminité et qui ne la regarde pas comme un fardeau de complexes. Ici donc, finie la peur de porter des imprimés quand on est plantureuse ! C’est aussi la mode de la femme qui affirme ses multiples facettes car la création se veut protéiforme, capable de se réinventer au contact d’influences venues du monde entier et de se moderniser, jamais à court de surprises et d’effets originaux. Traditionnellement portés en pagnes serrés à la taille ou à la poitrine ou encore en robes larges de type boubou, les créateurs proposent aujourd’hui des crop-tops, des shorts, des mini-jupes, des robes dos nu, des pantalons, des maillots de bain, de la lingerie, sans citer les accessoires !

Article 1 Photo collection africaine.v2

Quant aux matières, le wax est actuellement celle qui a le vent en poupe et prend une place majoritaire dans les productions inspirées de modes africaines. Considéré communément et de façon abusive comme le tissu africain, il tire son origine des batiks javanais imités et répliqués par les entreprises hollandaises puis introduits au Ghana au 19ème siècle. En coton et ayant reçu sur les deux faces du cirage (d’où le nom de wax, cire en anglais), ce tissu permet de varier les motifs à l’envi et d’accompagner toutes les formes d’innovation. Les principaux sites de production de wax sont de nos jours basés en Hollande, en Côte d’Ivoire, au Ghana et en Chine.

Tissus wax et imprimés

En dehors du wax il existe des textiles moins renommés de tradition africaine, ou venus d’ailleurs mais adoptés localement, qui attirent de plus en plus les créateurs. Pour en citer quelques-uns :

  • Le kenté ou pagne kita (origine : Côte d’Ivoire, Ghana, Togo) : tissu composé de bandes en coton et soie formant un motif géométrique aux couleurs vives, orginellement porté par la noblesse
  • Le bogolan (origine : Mali) : tissu de coton teint et peint selon la technique du même nom
  • La capulana (origine : Mozambique, Afrique de l’est) : tissu de coton coloré portant des motifs, parfois assimilé au pagne wax
  • Le bazin (origine : Angleterre, Hollande, Allemagne) : étoffe croisée dont la chaîne est de fil et la trame de coton, très appréciée en Afrique de l’Ouest
  • Le pagne kuba / le velours du Kasaï (origine : République Démocratique du Congo) : tissu brodé et tissé à base de raphia, avec motifs principalement géométriques
De haut en bas, de gauche à droite : Kenté, Bogolan, Capulana, Bazin, Velours du Kasaï

Où en est la création ? Elle est florissante ! En parallèle d’une production par déjà existante et menée par de grands couturiers reconnus comme Alphadi (Niger) ou Pathé’O (Côte d’Ivoire/Burkina Faso), une nouvelle génération de jeunes créateurs pullule sur le continent africain mais également à travers la diaspora partout dans le monde, pour donner naissance à des styles modernes et urbains. Boudé jusqu’il y a peu de temps par les marques internationales, le stylisme reposant sur le wax est aujourd’hui une nouvelle niche dans laquelle s’engouffrent progressivement ces dernières bien souvent pour leurs collections estivales (liste non exhaustive: H&M, Zara, Mango, Oscar de la Renta, Prada).

De gauche à droite: Prada, H&M x Marny, Oscar de la Renta

Pour plus d’information sur l’histoire des modes et textiles africains, je vous conseille d’aller lire ces deux blogs riches en détails :

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